Vous êtes ici > Anne-Marie L’Haridon : travail et parcours

Le lien entre la calligraphie, l’aquarelle, l’art-thérapie, la Trace Originelle et mon travail artistique personnel, c’est la passion. Et, loin de s’émousser avec le temps, elle s’amplifie, comme toutes les autres formes d’amour.

J’aime créer. Pour moi, l’essence de l’acte créateur est de me transformer, de m’apprendre l’humilité, la mise au service, la patience.

La vie me semble plus intense avec un pinceau ou un calame à la main. Derrière chaque trait, il y a une vision du monde. L’art, c’est de « la philosophie en acte ».

En se propulsant vers un acte créateur, on apprend beaucoup sur soi-même, et, au fur et à mesure, on détermine son rapport intime et personnel à la beauté et à la justesse.

 

Mon parcours

Gustave-CORLIN

Mon grand-père Gustave CORLIN
dans son Atelier, rue de la Tombe Issoire à Paris

Le premier souvenir précis de mon enfance se situe le jour où, m’étant cachée dans l’atelier de mon grand-père, Gustave CORLIN je le vis se mettre devant son chevalet et commencer à peindre. J’avais 6 ans.

Franchir la porte de son atelier était strictement interdit. Sous la table, trop apeurée pour sortir de toute l’après-midi, je ne pouvais rien faire d’autre que de le regarder. Ce qu’il faisait me paraissait incongru, bizarre. Ce n’est que plus tard, que j’ai compris qu’il peignait.

Le lendemain, ainsi que les jours qui suivirent, je me suis de nouveau cachée sous la table pour assouvir ma curiosité. Au fond, je crois que je n’en suis jamais tout à fait ressortie.

J’ai d’abord été émerveillée par la qualité du geste, plein de détours et de fermeté, comme le vol d’un aigle. Peindre pour moi était un acte magique. J’ai passé le maximum de mon temps à l’observer.

Il avait créé l’Atelier CORLIN à Paris et il y travaillait encore avec mon père

Il m’a encouragé à poursuivre des études d’art. J’ai eu le plaisir de l’avoir comme professeur, pour de vrai cette fois.

Ensuite, j’ai commencé les Beaux-Arts de Paris, puis je me suis réorientée vers les Arts Décoratifs où j’ai découvert la calligraphie avec Albert BOTON en 1970. L’étude de la couleur et celle des alphabets me passionnait.

En calligraphie, on comprend vite qu’un trait à une vie propre et que la recherche de ce geste juste, demande un investissement total et une régularité dans l’effort. Le but initial peut être de réaliser une œuvre, mais il m’est vite devenu évident que le principal effet est une transformation plus intérieure. Voilà ce qui me passionnait : le changement que cela provoquait en moi. La pratique amène à se développer soi-même pour devenir un outil performant. Une forme de travail sur soi où le corps et le geste sont impliqués. Le geste s’assouplit, le caractère aussi. Le geste se pose, la volonté aussi.

Cette constatation a été déterminante pour la suite.

Entre temps, j’ai passé un BTS de publicité pour mieux comprendre le pouvoir de l’image. Et Puis j’ai travaillé dans l’illustration et dans la pub, sans conviction.

Des raisons personnelles, m’ont poussée à devenir Professeur d’Arts – Plastiques à la de la Ville de Paris, dans les écoles primaires et j’ai choisi un poste avec des enfants malades et des enfants « à particularités ». C’est à leur contact, que j’ai pressenti l’importance de l’acte créatif pour les rééquilibrer et les aider.

Pour eux, j’ai décidé de me former à toutes les pratiques d’art-thérapie existantes à l’époque.

J’ai été formé au dessin méditatif de Graff. DURKHEIM, puis aux pratiques de couleur et de dessin, utilisés dans les écoles WALDORF par Bernadette HÉGU d’après Le Traité des Couleurs de GOETHE et d’après les écrits de Liane COLLOT d’HERBOIS.

portrait

Mon portrait vers l’âge de 10 ans, peint par mon grand-père

J’ai élaboré des exercices simplifiés reprenant l’esprit de la calligraphie et développé de nouvelles pratiques incluant mes nouveaux savoirs. Soutenue par l’inspectrice de l’Éducation Nationale, j’ai créé plusieurs projets de soutien aux enfants en difficulté.

A la suite de ce travail, plusieurs demandes m’ont été faites par des adultes pour un suivi en séances individuelles.

Ce fut le début d’une grande aventure, que j’ai continuée en arrivant à Quimper, en 1987. J’y proposais des cours de calligraphie et d’aquarelle, ainsi que des séances individuelles en art-thérapie.

 

Aujourd’hui.

J’exerce en libéral comme art-thérapeute.

J’ai ouvert un atelier de création et d’art- thérapie à proximité de mon domicile à Dinéault. J’y reçois des personnes (enfants, adolescents, adultes) pour un travail d’art-thérapie et de recherche par le média de l’art pictural, en séances individuelles ou en groupe.

En parallèle de mon travail d’art-thérapeute, je continue à enseigner la calligraphie, l’aquarelle et l’art-thérapie, par passion. L’enseignement est une activité qui me ressource et me nourrit. J’aime profondément aider les personnes à développer leur puissance créatrice.

Actuellement, il me semble important d’enseigner et de former de nouveaux praticiens à la méthode de la Trace Originelle. Des pistes sont ouvertes, mais il reste encore beaucoup à découvrir et à innover.